Ce que le DFF a publié
Le Département fédéral des finances a adapté les barèmes et les déductions de l’impôt fédéral direct aux effets de la progression à froid. Le renchérissement mesuré sur l’indice suisse des prix à la consommation atteint 0,47 % depuis la dernière compensation, avec le 30 juin 2026 comme date de référence.
Le mécanisme est prévu par la loi. Il évite qu’un contribuable dont le pouvoir d’achat n’a pas bougé paie davantage d’impôt du seul fait de l’inflation. L’ordonnance entre en vigueur le 1er janvier 2027.
Tous les échelons des barèmes sont relevés. Pour les couples mariés, l’imposition ne commence qu’à partir de 29 900 francs de revenu imposable, contre 29 700 actuellement, et le taux maximal ne s’applique qu’à partir de 946 000 francs, contre 941 400.
Le point qui concerne les frontaliers
Le communiqué mentionne en une phrase ce qui vaut le déplacement pour un travailleur imposé à la source : les barèmes figurant en annexe de l’ordonnance sur l’imposition à la source sont modifiés eux aussi.
C’est la grille appliquée chaque mois par l’employeur sur le salaire brut. Elle concerne les frontaliers dont le canton de travail pratique la retenue à la source, ainsi que les résidents sans permis C. Autrement dit, l’adaptation ne passe pas par une démarche du contribuable : elle est intégrée dans le calcul de la paie dès 2027.
L’ordonnance publiée ne donne pas d’exemple chiffré sur une fiche de salaire. Elle fixe les barèmes, pas leur effet moyen. Toute estimation du gain mensuel relèverait donc de la reconstitution, et l’imposition d’un frontalier dépend de toute façon d’abord du canton de travail et de l’accord applicable.
Les déductions relevées
Trois montants ressortent de l’ordonnance :
- la déduction pour la garde des enfants par des tiers passe de 25 800 à 25 900 francs par enfant ;
- la déduction pour les frais de formation et de perfectionnement à des fins professionnelles passe de 13 000 à 13 100 francs ;
- l’imposition d’après la dépense est portée à 437 000 francs par an.
La réduction d’impôt accordée par enfant ou par personne nécessiteuse est fixée à 264 francs, et la franchise sur les gains provenant des jeux de grande envergure passe de 1 071 000 à 1 076 100 francs.
En revanche, rien ne change pour les déductions prévues par l’ordonnance sur les frais professionnels : les montants arrondis restent identiques. Pour un frontalier qui vise le statut de quasi-résident, ce sont donc surtout les deux premières déductions qui bougent.
Les taux d’intérêt de l’impôt fédéral direct ne bougent pas
La lettre circulaire de l’Administration fédérale des contributions fixe aussi les taux applicables pour l’année fiscale 2027, et ils sont reconduits : 4,0 % pour les intérêts moratoires et sur les montants à rembourser, 0,0 % pour l’intérêt rémunératoire sur les paiements anticipés.
Le second chiffre mérite d’être lu. Payer l’impôt fédéral direct en avance ne rapporte rien, et cela ne changera pas en 2027.
L’ordre de grandeur, pour cadrer
Un renchérissement de 0,47 % sur des barèmes reste une correction technique, pas une baisse d’impôt. Sur un revenu imposable moyen, l’effet se compte en dizaines de francs par an, et il compense une inflation déjà encaissée sur les prix.
La date à retenir est celle de l’application : les salaires de 2027 pour la retenue à la source, la déclaration déposée en 2028 pour une taxation ordinaire. Entre les deux, rien ne se demande et rien ne se réclame, l’adaptation étant automatique.